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La nation française vous regarde. L'Europe vousobserve, et elle vous voit délibérer sur les moyens de vous gardercontre le peuple qui vous entoure; le dirai-je? elle vous voit, depuislongtemps, servir, à votre insu, de petites passions qui ne doiventjamais approcher de vous. Il est temps de vous délivrer de ces honteuxdébats. Hâtez-vous de déclarer qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur leprojet qu'on vous propose. Maximilien Robespierre (1758-1794), Discours sur l'influence de lacalomnie sur la révolution, prononcé au Club des Jacobins le 28 octobre1792 (28 octobre 1792)Citoyens,Je veux vous entretenir aujourd'hui d'un sujet qui n'a point encore ététraité, que je sache, par aucun écrivain politique. Je parle du pouvoirde la calomnie. Il fallait une révolution telle que la nôtre pour ledéployer dans toute son étendue. doudoune longue moncler
Je vais vous révéler les prodiges quil'ont signalé; et vous conviendrez que ce sera puissamment contribueraux progrès de l'esprit public et de la vérité.Sous le régime despotique, tout est petit, tout est mesquin; la sphèredes vices, comme celle des vertus, est étroite. Sous l'anciengouvernement, la puissance de la calomnie se bornait à diviser lesfrères, à brouiller les époux, à élever la fortune d'un intrigant surla ruine d'un honnête homme; elle n'opérait de révolutions que dans lesantichambres et dans le cabinet des rois; le plus noble de ses exploitsconsistait à déplacer des ministres ou à chasser des courtisans. Notrerévolution lui a ouvert une immense carrière. Ce ne sont plus desindividus, c'est l'humanité elle-même qui est devenue l'objet de sestrames perfides. Compagne inséparable de l'intrigue, elle a embrassé,comme elle, l'univers dans ses complots. Toutes les factions qui sesont élevées, l'ont invoquée tour à tour pour combattre la liberté. doudoune moncler pas cher L'opinion avait donné le branle à la révolution; l'opinion pouvaitseule l'arrêter; chaque parti devait donc naturellement faire tous sesefforts pour s'en emparer. Les intrigants savaient bien que lamultitude ignorante est portée à lier les principes politiques avec lesnoms de ceux qui les défendent; ils se sont appliqués surtout àdiffamer les plus zélés partisans de la cause populaire. Ils ont faitplus, ils ont calomnié la liberté elle-même. Mais comment déshonorer laliberté? Comment diffamer même ceux qui défendent publiquement sacause? Il n'était qu'un seul moyen d'y réussir, c'était de peindrechaque vertu sous les couleurs du vice opposé, en l'exagérant jusqu'audernier excès. C'était d'appeler les maximes de la philosophieappliquées à l'organisation des sociétés politiques, une théoriedésorganisatrice de l'ordre public; de nommer le renversement de latyrannie, anarchie, le mouvement de la révolution, troubles, désordres,factions; la réclamation énergique des droits du peuple, flagorneriesséditieuses; l'opposition aux décrets tyranniques qui réduisaient laplus grande partie des citoyens à la condition d'ilotes, déclamationsextravagantes ou ambitieuses; c'était, en un mot, de flétrir les choseshonnêtes et louables, par des mots odieux, et de déguiser tous lessystèmes de l'intrigue et de l'aristocratie, sous des dénominationshonorables; car on connaît l'empire des mots sur l'esprit des hommes.Or, les hommes de la révolution étaient les hommes de l'ancien régime;et partout où il y a un sot, un homme faible ou pervers, la calomnie etl'intrigue trouvent à coup sûr une dupe ou un agent. Par là on trouvaitle moyen de ressusciter les préjugés et les habitudes faibles ouvicieuses de l'ancien régime, pour les opposer aux sentiments généreux,aux idées saines et pures que suppose le règne de la liberté. doudoune moncler pas cher femme
Ainsi, onfaisait passer l'opinion publique par une route oblique tracée entreles excès monstrueux de l'ancien régime et les principes dugouvernement juste qui devait les remplacer, pour la conduire au butdes intrigants ambitieux qui voulaient la maîtriser.Suivez les progrès de la calomnie, depuis l'origine de la révolution,et vous verrez que c'est à elle que sont dus tous les événementsmalheureux qui en ont troublé ou ensanglanté le cours. Vous verrez quec'est elle seule qui s'oppose encore au règne de la liberté et de lapaix publique.N'est-ce pas la calomnie qui, par la bouche des prêtres, peignant lestravaux de l'Assemblée constituante, comme autant d'attentats contre lamorale et contre la divinité, arma la superstition contre la liberté,qui fit couler le sang dés citoyens à Nîmes, à Montauban, et dansplusieurs contrées de l'empire français?N'est-ce pas la calomnie qui arrêta longtemps les progrès de l'espritpublic, tantôt en flétrissant du nom de régicides les premiersreprésentants de la nation, qui n'osaient pas même toucher à laroyauté, tantôt en présentant les défenseurs des droits de l'humanitécomme les perturbateurs de la société, et comme les apôtres insensés dela loi agraire?N'est-ce pas la calomnie qui, déliant toutes les languesaristocratiques, prêchait dès-lors la guerre civile, en excitant lahaine et la jalousie des provinces contre les Parisiens? N'est-ce paselle qui voulait flétrir le berceau de la liberté par ces déclamationséternelles contre les premiers actes de la justice du peuple exercéssur quelques scélérats qui avaient conspiré sa ruine? N'est-ce pas ellequi éleva une barrière entre la révolution et les autres peuples del'Europe, en leur montrant sans cesse la nation française comme unehorde de cannibales, et le tombeau de la tyrannie comme le théâtre detous les crimes?Je viens de vous développer le système des champions déclarés dudespotisme et de l'aristocratie. La Fayette vint, et le perfectionna.Personne, avant lui, n'avait aussi bien connu la puissance de lacalomnie, ni l'art de la mettre en oeuvre. La cour avait cultivé lesheureux talents qu'il avait reçus de la nature.

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