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A Smyrne.C'est une grande question parmi les hommes de savoir s'il est plusavantageux d'ôter aux femmes la liberté que de la leur laisser. Il mesemble qu'il y a bien des raisons pour et contre. Si les Européensdisent qu'il n'y a pas de générosité à rendre malheureuses lespersonnes que l'on aime, nos Asiatiques répondent qu'il y a de labassesse aux hommes de renoncer à l'empire que la nature leur a donnésur les femmes. Si on leur dit que le grand nombre de femmes enferméesest embarrassant, ils répondent que dix femmes qui obéissentembarrassent moins qu'une qui n'obéit pas. Que s'ils objectent à leurtour que les Européens ne sauroient être heureux avec des femmes quine leur sont pas fidèles, on leur répond que cette fidélité qu'ilsvantent tant n'empêche point le dégoût qui suit toujours les passionssatisfaites; que nos femmes sont trop à nous; qu'une possession sitranquille ne nous laisse rien à désirer ni à craindre; qu'un peu decoquetterie est un sel qui pique et prévient la corruption. Peut-êtrequ'un homme plus sage que moi serait embarrassé de décider: car, siles Asiatiques font fort bien de chercher des moyens propres à calmerleurs inquiétudes, les Européens font fort bien aussi de n'en pointavoir. sac bandouliere longchamp
Après tout, disent-ils, quand nous serions malheureux en qualité demaris, nous trouverions toujours moyen de nous dédommager en qualitéd'amants. Pour qu'un homme pût se plaindre avec raison de l'infidélitéde sa femme, il faudroit qu'il n'y eût que trois personnes dans lemonde; ils seront toujours à but quand il y en aura quatre.C'est une autre question de savoir si la loi naturelle soumet lesfemmes aux hommes. Non, me disoit l'autre jour un philosophetrès-galant: la nature n'a jamais dicté une telle loi; l'empire quenous avons sur elles est une véritable tyrannie; elles ne nous l'ontlaissé prendre que parce qu'elles ont plus de douceur que nous, et parconséquent plus d'humanité et de raison; ces avantages, qui devoientsans doute leur donner la supériorité si nous avions été raisonnables,la leur ont fait perdre, parce que nous ne le sommes point.Or, s'il est vrai que nous n'avons sur les femmes qu'un pouvoirtyrannique, il ne l'est pas moins qu'elles ont sur nous un empirenaturel, celui de la beauté, à qui rien ne résiste. Le nôtre n'est pasde tous les pays; mais celui de la beauté est universel. Pourquoiaurions-nous donc un privilége? Est-ce parce que nous sommes les plusforts? Mais c'est une véritable injustice. casquette ralph lauren Nous employons toutessortes de moyens pour leur abattre le courage; les forces seroientégales, si l'éducation l'étoit aussi; éprouvons-les dans les talentsque l'éducation n'a point affoiblis, et nous verrons si nous sommes siforts.Il faut l'avouer, quoique cela choque nos moeurs: chez les peuplesles plus polis, les femmes ont toujours eu de l'autorité sur leursmaris; elle fut établie par une loi chez les Égyptiens en l'honneurd'Isis, et chez les Babyloniens en l'honneur de Sémiramis. On disoitdes Romains qu'ils commandoient à toutes les nations, mais qu'ilsobéissoient à leurs femmes. Je ne parle point des Sauromates, quiétoient véritablement dans la servitude du sexe; ils étoient tropbarbares pour que leur exemple puisse être cité.Tu vois, mon cher Ibben, que j'ai pris le goût de ce pays-ci, où l'onaime à soutenir des opinions extraordinaires et à réduire tout enparadoxe. Le prophète a décidé la question, et a réglé les droits del'un et de l'autre sexe. Les femmes, dit-il, doivent honorer leursmaris: leurs maris les doivent honorer; mais ils ont l'avantage d'undegré sur elles. sac bandouliere longchamp soldes
A Paris, le 26 de la lune de Gemmadi 2, 1713.LETTRE XXXIX.HAGI[9] IBBI AU JUIF BEN JOSUÉ,PROSÉLYTE MAHOMÉTAN.A Smyrne.[Note 9: Hagi est un homme qui a fait le pèlerinage de la Mecque.]Il me semble, Ben Josué, qu'il y a toujours des signes éclatants quipréparent à la naissance des hommes extraordinaires; comme si lanature souffroit une espèce de crise, et que la puissance céleste neproduisît qu'avec effort.Il n'y a rien de si merveilleux que la naissance de Mahomet.


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